Grande Traversée du Jura –GTJ-

 

 

 

 

2ème étape

Vendredi 2 juin

Trévillers (25470) à « Les Guinots »

8h45 à 16h10. 51km, parcours en 7h25  (45 km et 5h prévus)

 

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Ce matin je suis collé aux draps. Quand je tombe enfin de mon perchoir (lits superposés) les copains sont déjà revenu de la petite boutique avec le déjeuner.

Je prépare vite fait mon sac et je laisse sur le dessus le poncho. Michel L a déjà balayé les chambres, les douches et la moitié de la salle commune. Déjeuner vite avalé, les copains semblent avoir des fourmis dans les jambes. Nous dégageons nos affaires dans le hall pour les derniers préparatif et pour laisser notre fée du logis passer la « pièce* » pour rendre le gîte nickel.

* mot provençal pour désigner la serpillière.

Nous finissons de nous préparer à l’abri sous l’avancée de toiture.

Putain de météo. Le ciel est au raz des pâquerettes. J’enfile les surchaussures avec difficulté, elles ne sont pas adaptées à cette paire de chaussure rando plus larges que les godasses utilisées habituellement, ça ce n’était pas prévu !!!

On enfile les ponchos par-dessus les sacs et les pantalons de pluie, sauf Peter et moi qui restons en jambières. Je suis aussi couvert qu’hier

8h45, nous partons vers Fessevillers, putain de ciel, voilà que la pluie glacée blanchit et la neige achève de nous casser le plaisir…

Et d’entrée nous évitons une piste paraissant bien collante et montons par la route. On ne peut résister à fixer sur pellicule ce moment hallucinant de quatre cyclistes dans la tourmente.

Arrivés au sommet, nous profitons de l’abri d’une avancée de toiture d’un hangar pour bien repérer la prochaine bifurcation. A la vue de l’état du premier tronçon de piste évitée, nous décidons de descendre sur le Doubs par la route de la GTJ Light. Je passe en sous gants des gants de bricolage en latex.

300 m de descente sur D437 et à gauche pour la petite route. Faut pas mollir sur les freins car la pente est sévère. Le froid me saisit peu à peu, je tire désespérément sur les manches de mon poncho pour mettre mes mimines à l’abri de la pluie et du froid. Quelle andouille, j’aurai dû prendre une taille XXL, les manches auraient été plus longues.

9h41, 10,4 km, moins 400m, sur un dernier freinage on « tombe » sur le Doubs. La remontée (façon de parler) de la rivière (l’Huveaune est un fleuve, hé oui !!) sur sa rive gauche est facile. Superbes paysages, le soleil commence à percer, mais nous garderons les ponchos jusqu’à Goumois.

10h30 Goumois, 14km. On s’arrête pour enlever les ponchos et pour acheter le ravito de midi. Peter qui sans poncho s’est gelé «grave », cherche une boutique pour s’en acheter un. Un marchand d’article de pêche lui vendra fort cher un truc infâme jaune, un sac poubelle de 100L aurait mieux fait l’affaire.

Dans une échoppe de produits du terroir nous achetons du saucisson à l’absinthe (Sumpli), du Cœur de Joux (fromage) et du pain qui tient bien au corps. A la supérette proche, deux bouteilles de coca est c’est Peter qui s’y colle pour les transporter. Normal, il a un sac génial !

Je change mes sous gants de latex totalement inefficace contre des sous gants de bricolage en coton, et là, miracle je sens mes doigts se réchauffer.

 

Séance de photos au poste frontière et nous partons en montée de route, rive droite, que nous quittons rapidement pour descendre vers la rivière par une piste roulante, puis un sentier.

11h20, 20km, nous longeons le Doubs, ça roule. On rejoint le bitume et un bon coup de cul à hauteur du barrage et bis-repetitas après la traversée sur le pont de La Goule, 11h45, 24km.

Les « tout à gauche » se succèdent pour arriver jusqu’au Bois aux Biches, 12h35, 27km.

Montée par un sentier très technique, raviné au départ, obligeant parfois à mordre sur la prairie pour retrouver de la motricité. Puis le sentier, mélange d’humus et de terre noire entre dans un bois profond.

13h25, nous en finissons avec le très indigeste « Bois aux Biches ».

13h34, 33km nous faisons un crochet pour aller au Belvédère de La Cendrée.

Le temps s’est recouvert, pas un coin pour manger à l’abri du froid dans ces forêts profondes. Nous décidons de repartir par la route. Pas assurés du tout sur la direction à prendre, et pour cause, on tourne le dos à la trace. On quitte la route pour descendre dans un sentier qui la suit parallèlement, passage très chauds et boue au programme. On retrouve la route et nous filons ventre à terre vers la ville qui se profile sur la butte à quelques kilomètres sur notre droite.

Entrée dans la ville de … Charquemont. Nous pensions trouver Fournet-Blancheroche.

Finalement cette erreur est un bon plan, car elle nous a fait éviter le très beau mais très difficile passage sous la barre de La Cheminée, surtout par ce temps de chien.

Aucun bistrot d’ouvert pour se réchauffer d’un bon thé. On squatte les tables d’une terrasse de restau, en pestant contre ces gros nuages qui empêchent le soleil de percer.

On mange rapidement par un temps glacial, Michel L revient du Petit Casino avec une bouteille de soda. On croque rapidos une tablette de chocolat de Trévillers. Puis j’appelle le gîte des Guinots pour les prévenir que nous arrivons et leur demander comment arriver chez eux au plus facile.

Comme nous montons sur les vélos, grêle et pluie mêlées nous arrêtent aussitôt sous l’abri d’un balcon. Mais on a trop froid, à se geler autant le faire à vélo. On enfile les ponchos et nous filons bon train dans la descente …

15h38, 47.5km, on arrive aux Guinots sous un ciel bas et des nuages noirs qui s’avancent.

On s’enquiert de notre gîte et puisqu’on nous propose d’aller laver les vélos, autant le faire sous le froid et l’orage glacé qui nous rince pour la dernière fois.

Comme par enchantement, quand nous ressortons du gîte après douches et lavage de nos affaires et séchage devant la cheminée que nous avons allumé à l’invitation du patron, le ciel est dégagé … Demain une autre GTJ commence … 

 

Etape rendue difficile par les conditions météo, et difficile après Goumois pour remonter sur le plateau. Beaucoup de passages demandant du jus pour rester sur le vélo, mais peu de terrain gras.